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AnalysePublié le 24 juillet 202616 min de lecture

Ce que les rapports de jury du CRPE révèlent vraiment : l'analyse chiffrée

Chaque année, les jurys du CRPE publient des rapports que presque personne ne lit — alors qu'ils disent exactement ce qui fait réussir ou échouer les candidats. Nous avons dépouillé 21 rapports académiques (sessions 2023 à 2025) et l'ensemble des statistiques officielles 2021-2026. Voici ce qu'il faut en retenir pour préparer la session 2027.

Pourquoi lire les rapports de jury (et pourquoi personne ne le fait)

Le CRPE est un concours académique : il n'existe pas de rapport de jury national, mais une vingtaine de rapports publiés chaque automne par les académies, en PDF, souvent enfouis à trois clics de profondeur. Résultat : la ressource la plus précieuse du concours — celle où les correcteurs disent noir sur blanc ce qu'ils attendent, ce qu'ils pénalisent et pourquoi des candidats échouent — reste massivement sous-utilisée.

Ce que ces rapports révèlent est pourtant remarquablement stable : d'une académie à l'autre et d'une session à l'autre, ce sont les mêmes erreurs qui reviennent, et les jurys eux-mêmes constatent que les candidats qui ont lu les rapports progressent. Le jury de Toulouse l'écrit explicitement dans son rapport 2025, et celui de Lyon résume l'enjeu en une phrase :

Le jury tient à souligner qu'un certain nombre de candidats ont admirablement réussi cette épreuve et que cette réussite ne doit rien au hasard mais à une préparation minutieuse, régulière et rigoureuse.

Rapport de jury de l'académie de Lyon, session 2024

Pour cet article, nous avons dépouillé 21 rapports de jury officiels des sessions 2023, 2024 et 2025 (Lyon, Toulouse, Aix-Marseille, Lille, Nice, Nantes, Bordeaux, Grenoble, Dijon, Normandie, Orléans-Tours, Rennes, Limoges, Paris et Créteil), croisés avec les statistiques officielles du ministère de 2021 à 2026. Chaque chiffre cité renvoie à une source officielle, listée en bas de page.

Des rapports de jury ouverts, annotés et classés sur un bureau

Le concours en chiffres : 2021-2026, de la crise au rebond

Pour comprendre ce que les jurys écrivent, il faut d'abord voir dans quel contexte ils recrutent. Entre 2021 et 2022, le CRPE externe public a traversé une crise brutale : le passage du concours en fin de master 2 a fait chuter le nombre de présents aux écrits de 26 657 à 14 112, et près de 1 700 postes du premier degré sont restés vacants en 2022. De 2023 à 2025, le concours s'est stabilisé autour de 8 000 postes et 18 000 présents — sans jamais retrouver son niveau d'avant-crise.

La session 2026, première du concours réformé à bac+3, marque un revirement spectaculaire : 103 733 candidatures au CRPE public (+57 % en un an), 11 600 postes offerts aux concours externes et 98,5 % des postes pourvus.

Postes offerts en 2026

11 600

concours externes publics (bac+3 + bac+5), contre 8 117 en 2025

Admis en 2026

11 428

98,5 % des postes du 1er degré pourvus (92,1 % en 2025)

Postes non pourvus

172

contre 650 en 2025 : −73 % en une session

Candidatures par place

≈ 10

au concours bac+3 (49 524 candidatures pour 4 985 postes)

Postes offerts et admis au CRPE externe public, 2021-2026

L'écart entre les deux colonnes représente les postes non pourvus. *2026 : deux concours externes (bac+3 et bac+5 transitoire) contre un seul auparavant — le périmètre change.

Postes offertsAdmis
03 0006 0009 00012 0002021 — Postes offerts : 8 6948 6942021 — Admis : 8 2948 29420212022 — Postes offerts : 8 3232022 — Admis : 6 58220222023 — Postes offerts : 8 1592023 — Admis : 6 95820232024 — Postes offerts : 7 9172024 — Admis : 6 96120242025 — Postes offerts : 8 1172025 — Admis : 7 57620252026* — Postes offerts : 11 60011 6002026* — Admis : 11 42811 4282026*

Source : devenirenseignant.gouv.fr (données statistiques par session) ; education.gouv.fr (communiqué session 2026)

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Postes offerts et admis au CRPE externe public par session
SessionPostes offertsAdmisPostes non pourvus
20218 6948 294400
20228 3236 5821 741
20238 1596 9581 201
20247 9176 961956
20258 1177 576541
2026 (bac+3 + bac+5)11 60011 428172

Conséquence directe pour la session 2027 : la concurrence remonte fortement. Avec environ 10 candidatures par place au concours bac+3 (contre 2,3 présents par poste en 2025 sur l'ancien format), le temps où « réussir les écrits suffisait » dans certaines académies touche à sa fin. Les statistiques détaillées de la session 2026 (présents, barres par académie) seront publiées à l'automne 2026 — nous mettrons cet article à jour.

Un concours, huit réalités : l'écart entre académies

C'est le chiffre le plus méconnu des candidats : le CRPE n'a pas du tout la même difficulté selon l'académie d'inscription. En 2025, au niveau national, 40 % des candidats présents aux écrits ont été admis. Mais derrière cette moyenne, l'écart est spectaculaire : un présent aux écrits avait 3,3 fois plus de chances d'être admis à Versailles qu'à Rennes.

Nombre de candidats présents par poste offert — session 2025

Concours externe public. En regard : la part des présents finalement admis. Moins il y a de présents par poste, plus le concours est « ouvert ».

Rennes5,223 % des présents admis
Bordeaux3,235 %
Toulouse3,034 %
Nantes2,934 %
National2,340 %
Paris1,664 %
Créteil1,072 %
Versailles0,876 %

Source : devenirenseignant.gouv.fr, données statistiques de la session 2025 (calculs : présents ÷ postes)

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Sélectivité par académie à la session 2025
AcadémiePostesPrésentsAdmisAdmis/présents
Rennes13771416623,25 %
Bordeaux3371 07337635,04 %
Toulouse33398433634,15 %
Nantes23769823733,95 %
National8 11718 5247 57640,0 %
Paris23637023663,78 %
Créteil86988563872,09 %
Versailles96079560475,97 %

Les barres d'admission publiées confirment cet écart. À Rennes, il fallait 13,08/20 de moyenne générale pour être admis en 2025 — et même 14,17/20 en 2024, le record de notre corpus. À Toulouse, la barre 2025 était à 12,75, à Nantes le dernier admis avait 12,44. À Créteil et Versailles ? Aucune barre publiée — et pour cause : en 2024, ces deux académies comptaient moins d'admissibles que de postes (733 admissibles pour 1 037 postes à Créteil ; 744 pour 1 230 à Versailles). La sélection à l'admissibilité y était arithmétiquement impossible : seules les notes éliminatoires (≤ 5/20) écartaient des candidats.

Nuance importante, que les chiffres 2025 documentent bien : les jurys franciliens ne « remplissent » pas pour autant. À la session principale 2025, Créteil a laissé 231 postes vacants et Versailles 356, alors même que des candidats admissibles restaient en lice — les jurys maintiennent une exigence à l'admission et préfèrent laisser des postes non pourvus. Même la session supplémentaire de Créteil n'a admis que 201 candidats pour 250 postes, sur 551 admissibles.

Français : les 5 erreurs que les jurys sanctionnent

Sur l'écrit de français, la convergence des rapports est frappante : les mêmes cinq familles d'erreurs reviennent dans toutes les académies, toutes les années. Et depuis 2025, plusieurs académies (Lille, Aix-Marseille, Toulouse) ont rebarèmé l'épreuve en faveur de l'étude de la langue (8 points sur 20, contre 6 auparavant) : la grammaire pèse plus lourd qu'avant.

1. Nature et fonction confondues, réponses incomplètes

L'erreur n° 1, citée partout : confondre la nature d'un mot (ce qu'il est) et sa fonction (son rôle dans la phrase), donner des natures incomplètes (« pronom » sans préciser relatif, personnel ou démonstratif) ou omettre le terme complété. Plusieurs jurys appliquent un barème « tout ou rien » : la réponse partielle ne rapporte aucun point.

Le manque de rigueur grammaticale a été fortement pénalisé. On attend, en effet, des candidats qu'ils énoncent une nature grammaticale complète. Par exemple, « pronom » ne peut suffire puisqu'il ne permet pas d'identifier la catégorie précise.

Rapport de jury de l'académie d'Aix-Marseille, session 2025

2. La terminologie officielle ignorée

Le marqueur-test posé chaque année : le conditionnel, qui est un temps de l'indicatif dans la terminologie officielle — et que la majorité des candidats traite encore comme un mode, quand ils ne le confondent pas avec l'imparfait. Les jurys renvoient explicitement aux deux références gratuites d'Éduscol : la Grammaire du français — Terminologie grammaticale (2020) et La grammaire du français du CP à la 6e (2022). Réviser avec ses souvenirs d'école ou un Bescherelle d'occasion, c'est réviser la mauvaise grammaire.

3. Les manipulations syntaxiques absentes

Depuis 2024, les sujets demandent de justifier une fonction par une manipulation (pronominalisation, encadrement par « c'est… qui », déplacement, suppression). Échec massif : la majorité des candidats propose les questions « qui ? quoi ? où ? » — que les jurys refusent, car elles ne distinguent même pas un COD d'un attribut du sujet.

4. Le lexique, partie « discriminante » partout

Sens propre pris pour le sens figuré, famille de mots confondue avec les synonymes ou le champ lexical, analyses morphologiques plaquées hors de propos : les jurys décrivent le lexique comme le point faible structurel des candidats, et la partie qui creuse les écarts de notes.

5. L'orthographe des candidats eux-mêmes

L'orthographe reste une faiblesse majeure : environ 70 % des copies ont été pénalisées.

Rapport de jury de l'académie de Nice, session 2025

Les dispositifs sont chiffrés : malus de 4 points sur 20 à Lille, 3 points dédiés à la correction de la langue à Aix-Marseille — et à la session supplémentaire de Créteil 2025, la moitié des candidats a obtenu moins de 1,5 sur les 3 points d'orthographe. Homophones (a/à, ce/se), terminaisons verbales, accords dans le groupe nominal : les jurys rappellent qu'une langue défaillante peut mener jusqu'à la note éliminatoire. Leur conseil unanime : s'entraîner en temps limité pour toujours garder un vrai temps de relecture ciblée.

Dernier signal fort, sur la partie « réflexion » : ce n'est pas une dissertation (introduction brève, deux parties, conclusion courte suffisent — c'est le cadrage de la commission nationale), mais les références culturelles y font la différence. Les jurys citent nommément ce qu'ils ne veulent plus voir : télé-réalité, influenceurs, 50 nuances de Grey… et valorisent des exemples littéraires et artistiques précis, exploités au service de l'argument.

Testez-vous sur les points exacts que les jurys signalent

Nature/fonction, conditionnel, manipulations syntaxiques, lexique en contexte : le diagnostic gratuit d'Accès CRPE repère vos fragilités sous-domaine par sous-domaine, en une douzaine de questions par matière.

Maths : le noyau dur des lacunes relevées

En mathématiques, les rapports dessinent un noyau dur d'erreurs d'une stabilité remarquable. Le plus frappant : elles portent rarement sur des notions « difficiles » — ce sont les fondamentaux qui lâchent, et les jurys le mesurent précisément.

Un carnet de révision associant travail de la langue et exercices de géométrie

Ainsi, seuls 7,5 % des candidats traitent correctement l'affirmation : « Le produit de deux entiers naturels impairs est un entier naturel impair ».

Rapport de jury de l'académie de Dijon, session 2024
  • Ensembles de nombres : « un nombre décimal est un nombre à virgule » est la définition erronée la plus répandue ; multiples et diviseurs confondus ; caractériser un nombre impair (2n + 1) échappe à la quasi-totalité des copies.
  • La preuve : un exemple pris pour une démonstration, le contre-exemple non mobilisé, Thalès et Pythagore appliqués sans vérifier leurs hypothèses, théorème et réciproque inversés.
  • Grandeurs et conversions : la conversion cm³ → litres est échouée « par une majorité de candidats » (constat répété trois sessions de suite) ; unités absentes ou non conformes à la consigne — avec des malus explicites à Toulouse et en Normandie.
  • Fractions et pourcentages : 1/8 + 1/8 = 2/16 est citée telle quelle par le jury de Lille 2025 ; en pourcentages, l'erreur dominante est le mauvais ensemble de référence (« 50 % du reste » calculé sur le tout). Le remède recommandé par plusieurs jurys : le schéma en barre, l'outil même de l'école primaire.
  • Vraisemblance : des vitesses de 32 000 km/h et des piscines de 1 800 m de haut passent sans déclencher d'alarme — un point que les jurys jugent particulièrement préoccupant chez de futurs enseignants censés développer l'esprit critique de leurs élèves.
  • Tableur et Scratch : une question tombe presque chaque année, et reste parmi les plus échouées ou évitées — alors que Nice 2025 montre que là où elle est préparée, elle est très bien réussie.

Au-delà des notions, les jurys évaluent explicitement la rédaction du raisonnement — la compétence « communiquer » fait partie de l'épreuve :

Communiquer est l'une des six compétences mathématiques, le candidat ne doit pas supposer que le correcteur comprendra les implicites.

Rapport de jury de l'académie de Lyon, session 2024

Une réponse juste sans justification ne rapporte pas ses points ; une rédaction prolixe qui noie le raisonnement non plus. Et la forme compte : les copies sont scannées — encre foncée, pas de stylo effaçable, résultats encadrés. À Toulouse 2025, 32,8 % des candidats ont reçu un bonus « soin et clarté ».

Oraux : ce qui distingue les admis

Les oraux sont l'épreuve de vérité du concours : c'est là que les moyennes sont les plus basses (la partie EPS de l'entretien plafonne à 4,74/10 à Toulouse 2025) et que les écarts se creusent. Trois constats traversent tous les rapports.

Une candidate présente son exposé avec assurance devant un jury attentif

L'exposé trop court, symptôme n° 1

Les candidats dont l'exposé a duré moins de dix minutes ont souvent été en difficulté lors de l'entretien.

Rapport de jury de l'académie de Nantes, session 2024

Lyon fixe le seuil d'alerte à 7 minutes, Créteil constate des exposés de 3 à 8 minutes pour un format qui en prévoit 10 à 15. Un exposé court signale presque toujours la même chose : de la paraphrase des documents à la place d'une analyse, et rien à offrir au jury pour l'entretien.

La trame apprise par cœur, fausse sécurité

Tous les jurys dénoncent les séances « types » plaquées quel que soit le sujet : elles mènent au hors-sujet et signalent l'absence de réflexion. À l'inverse, ce qui est explicitement valorisé en entretien surprend beaucoup de candidats : revenir sur sa proposition initiale n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une qualité évaluée — l'écoute, la flexibilité, et l'honnêteté de dire « je ne sais pas » plutôt que d'inventer.

La posture professionnelle, jusqu'au vocabulaire

Langue orale « modélisante » exigée (les tics de langage sont cités : « du coup », « en fait »), valeurs de la République reliées concrètement à la situation analysée — et non récitées —, laïcité définie complètement (liberté de conscience et séparation des Églises et de l'État comprises, deux éléments massivement absents des réponses en 2025). Le rapport de Paris 2025 résume l'exigence de fond :

Il ne devrait pas être envisageable de se présenter à l'oral avec pour seule représentation du système éducatif celle de son expérience d'élève.

Rapport de jury de l'académie de Paris, session 2025

Et pour 2027 ? Ce que la réforme change (et ne change pas)

Depuis la session 2026, le CRPE se passe en fin de licence (L3 ou licence obtenue — le master n'est plus requis pour l'externe). En 2027, deux concours coexistent une dernière fois : le nouveau concours bac+3, et le concours bac+5 « transitoire » (ancien format), organisé pour la dernière session. Leurs dates diffèrent : un candidat éligible aux deux peut passer les deux. Les lauréats bac+3 intègrent le master M2E, rémunérés environ 1 400 € nets/mois en M1 (élève fonctionnaire) puis 1 800 € en M2, contre un engagement de servir 4 ans.

Les épreuves du concours externe bac+3 (session 2027)

Épreuves, durées, coefficients et notes éliminatoires du CRPE bac+3
ÉpreuveDuréeCoef.Note éliminatoire
Écrit 1 — français + mathématiques (2 parties de 10 pts)4 h5≤ 2,5/10 à l'une des parties
Écrit 2 — trois domaines au choix parmi quatre (HG-EMC, sciences et technologie, arts, langue vivante)4 h3≤ 5/20
Oral 1 — leçon en français ou maths (choix à l'inscription), préparation 1 h45 min*50
Oral 2 — EPS (8 pts) + entretien motivation et valeurs de la République (12 pts)55 min30 à l'une des parties

*Durée annoncée par le ministère « à compter de la session 2027 » (exposé 15 min + échange 30 min) ; l'arrêté modificatif était en cours de publication au JO à la date de rédaction — la session 2026 s'est tenue sur 1 h (20 + 40). Sources : arrêté du 17 avril 2025 et devenirenseignant.gouv.fr (juillet 2026).

Que valent alors les rapports de jury de l'ancien concours ? Beaucoup, si on les lit avec le bon filtre :

  • Toujours valables (~90 %) : tout ce qui concerne les écrits de français et de maths. L'épreuve 1 du nouveau concours reprend la structure de l'ancien écrit de français (étude de la langue, lexique, réflexion — sur le sujet 2026 : un texte de Zola et une réflexion en 20-30 lignes) et l'esprit de l'écrit de maths (exercices indépendants, rédaction du raisonnement exigée). Nouveauté qui change la stratégie : la note ≤ 2,5/10 par matière est éliminatoire — sacrifier le français ou les maths n'est plus possible.
  • Toujours valables aussi : les constats sur l'entretien (motivation, valeurs de la République, laïcité — quasi inchangé, avec deux thèmes ajoutés : transition écologique et épanouissement de l'élève) et sur la posture orale.
  • Périmés : les conseils de conception de séance de l'ancienne leçon. Le nouvel oral 1 est explicitement « académique » : les attendus officiels précisent qu'aucun élément didactique n'est attendu dans l'exposé. Ce que les jurys déploraient déjà — les fragilités disciplinaires révélées à l'oral — devient précisément ce que la nouvelle épreuve mesure.
  • À surveiller : les premiers rapports de jury du concours réformé (session 2026) paraîtront à l'automne 2026. D'ici là, les « sujets zéro » commentés et les attendus officiels publiés sur devenirenseignant.gouv.fr en tiennent lieu.

Le plan d'action en 6 points

Si l'on condense tout ce que les jurys répètent, session après session, voici le programme :

  • Travaillez avec la terminologie officielle — les deux grammaires Éduscol (2020 et 2022), gratuites. C'est la référence des correcteurs, pas votre grammaire de collège.
  • Automatisez les fondamentaux qui coûtent le plus : nature/fonction complètes, conditionnel, manipulations syntaxiques, ensembles de nombres, conversions, fractions, pourcentages avec ensemble de référence. Ce sont des automatismes, et ils se construisent par la répétition espacée — pas la veille des écrits.
  • Rédigez tout, justifiez tout : en maths, un résultat sans raisonnement ne rapporte rien ; en français, une réponse incomplète non plus.
  • Entraînez-vous en temps limité, pour garder systématiquement un temps de relecture orthographique — le poste de points perdus le plus évitable du concours.
  • Construisez votre culture d'exemples : un répertoire de références littéraires et artistiques précises, classées par thèmes, exploitables dans la partie réflexion.
  • Lisez le rapport de jury de votre académie — et choisissez votre académie en connaissance de cause : les chiffres ci-dessus montrent que ce choix pèse autant que des mois de révision.

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Questions fréquentes

Où trouver les rapports de jury du CRPE ?

Il n'existe pas de rapport national : chaque académie publie le sien, en PDF, sur son propre site. La page officielle devenirenseignant.gouv.fr (« Les sujets des épreuves écrites et rapports des jurys des CRPE ») centralise les sujets et renvoie vers les académies. Attention : certaines académies dépublient les anciennes sessions, notamment le SIEC pour Paris, Créteil et Versailles.

Quelle note faut-il pour être admis au CRPE ?

Cela dépend énormément de l'académie. En 2025, le dernier admis avait 13,08/20 de moyenne à Rennes, 12,75 à Toulouse et 12,44 à Nantes — tandis qu'à Créteil et Versailles, aucune barre n'était publiée : il y avait moins de candidats admissibles que de postes, et seules les notes éliminatoires filtraient.

Quelles notes sont éliminatoires au CRPE 2027 (concours bac+3) ?

D'après l'arrêté du 17 avril 2025 : une note inférieure ou égale à 2,5/10 à l'une des deux parties (français ou maths) de la première épreuve écrite ; une note globale inférieure ou égale à 5/20 à la seconde épreuve écrite ; et la note 0 à l'oral de leçon ou à l'une des deux parties de l'épreuve EPS-entretien.

Les rapports de jury 2022-2025 sont-ils encore utiles avec la réforme ?

Oui, en grande partie. La structure de l'écrit de français (étude de la langue, lexique, réflexion) et l'esprit de l'écrit de maths sont repris dans la première épreuve du concours réformé : les erreurs relevées par les jurys restent les mêmes. En revanche, les conseils sur la conception de séances pédagogiques (ancienne leçon orale) ne s'appliquent plus au nouvel oral, volontairement « académique ». Et 2027 est la dernière session du concours bac+5 transitoire, qui garde l'ancien format.

Sources de l'article

Méthodologie : cet article s'appuie exclusivement sur des sources officielles (ministère de l'Éducation nationale, Légifrance, rapports de jury académiques), croisées et contre-vérifiées. Les rapports de jury de Paris et Créteil étant régulièrement dépubliés, nous les avons archivés. Article publié le 24 juillet 2026 — il sera mis à jour à la parution des statistiques détaillées et des premiers rapports de jury de la session 2026 (automne 2026).

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