Phrase complexe et propositions : une méthode d’analyse
Analyser une phrase complexe ne consiste pas seulement à compter les verbes. Il faut repérer les structures prédicatives, délimiter chaque proposition, identifier le lien qui les unit, puis préciser la nature et, lorsqu’elle est demandée, la fonction d’une proposition subordonnée.
Mis à jour le 23 août 2026
Définition essentielle
Définition
Une proposition est une structure formée d’un groupe sujet et d’un groupe verbal, auxquels peut s’ajouter un groupe circonstanciel. Une phrase simple contient une seule proposition ; une phrase complexe en contient au moins deux. Les propositions peuvent être liées par juxtaposition, coordination ou subordination. Une subordonnée est incluse dans une autre structure et peut être introduite par une conjonction de subordination, un pronom relatif ou un mot interrogatif.
Ce que le CRPE attend
Dans le sujet bac+3 2026 du groupement 1, les candidats devaient délimiter les propositions d’une phrase complexe et préciser leur nature. Le sujet zéro demandait aussi la nature et la fonction de deux propositions introduites par « si ». Au CRPE, la délimitation, le classement et la fonction sont donc trois opérations distinctes à rendre visibles dans la réponse.
Les repères à maîtriser
Délimiter avant de nommer
Repérer les verbes et leur sujet, y compris lorsque le sujet est partagé ou sous-entendu, puis encadrer chaque proposition. Un infinitif ou un participe ne forme pas automatiquement une proposition : les subordonnées infinitives et participiales répondent à des constructions précises.
Juxtaposition et coordination
Des propositions indépendantes sont juxtaposées lorsqu’un signe de ponctuation les relie : virgule, point-virgule ou deux-points. Elles sont coordonnées lorsqu’une conjonction comme « mais, ou, et, or, ni, car » les relie. Dans la terminologie officielle, « donc » est un adverbe, pas une conjonction de coordination.
Reconnaître les grandes subordonnées
Une complétive peut être conjonctive (« Je sais qu’il viendra ») ou interrogative (« Je me demande s’il viendra »). Une circonstancielle exprime notamment le temps, la cause, le but, la concession ou l’hypothèse. Une relative est introduite par un pronom relatif et peut être adjective ou substantive.
Séparer nature et fonction
« Que le jury délibère » peut être une proposition subordonnée complétive conjonctive : c’est sa nature. Dans « J’attends que le jury délibère », elle est COD du verbe « attends » : c’est sa fonction. Le mot introducteur ne suffit donc pas à fournir l’analyse complète.
Exemple corrigé
Délimitez et analysez les propositions de la phrase : « Lorsque la salle ouvrit, les candidats entrèrent et chacun gagna sa place. »
- 1Trois noyaux verbaux organisent trois propositions : « la salle ouvrit », « les candidats entrèrent » et « chacun gagna sa place ».
- 2« Lorsque la salle ouvrit » est introduite par la conjonction de subordination « lorsque » : c’est une proposition subordonnée circonstancielle de temps.
- 3Cette subordonnée situe temporellement l’événement exprimé par « les candidats entrèrent » ; elle a une fonction de complément circonstanciel de temps.
- 4La conjonction de coordination « et » relie « les candidats entrèrent » à « chacun gagna sa place ».
Réponse : [Lorsque la salle ouvrit], [les candidats entrèrent] et [chacun gagna sa place]. Le premier lien relève de la subordination ; « lorsque la salle ouvrit » est une subordonnée circonstancielle de temps. Le second lien est une coordination marquée par « et ».
Les confusions fréquentes
Compter mécaniquement tous les verbes, y compris les infinitifs.
Repérer les structures sujet-groupe verbal. Dans « Elle veut réussir », « veut réussir » forme un groupe verbal ; l’infinitif seul ne suffit pas à créer une seconde proposition.
Classer « donc » parmi les conjonctions de coordination.
La liste officielle est « mais, ou, et, or, ni, car ». « Donc » est un adverbe qui peut avoir une fonction de connecteur.
Donner seulement « subordonnée » comme nature.
Préciser le type attendu : complétive conjonctive, interrogative, circonstancielle, relative adjective ou substantive, infinitive, participiale, selon la construction.
Confondre le mot subordonnant avec la proposition entière.
Dans « le dossier que je consulte », « que » est un pronom relatif ; « que je consulte » est la proposition subordonnée relative adjective.
Se tester en trois questions
Choisissez mentalement une réponse, puis ouvrez le corrigé.
1.Quel lien unit les propositions dans « Le jour baisse ; la salle se vide » ?Afficher le corrigé
- A. La subordination
- B. La coordination
- C. La juxtaposition
- D. L’incise
Pourquoi : Les deux propositions indépendantes sont reliées par un point-virgule, sans mot de liaison : elles sont juxtaposées.
2.Quelle est la nature de « que tu consultes » dans « Le dossier que tu consultes est complet » ?Afficher le corrigé
- A. Proposition subordonnée complétive conjonctive
- B. Proposition subordonnée relative adjective
- C. Proposition subordonnée circonstancielle
- D. Proposition indépendante coordonnée
Pourquoi : « Que » est un pronom relatif dont l’antécédent est « le dossier ». La relative apporte une expansion à ce nom : elle est relative adjective.
3.Dans « Je me demande si le résultat est paru », quelle analyse convient à « si le résultat est paru » ?Afficher le corrigé
- A. Subordonnée circonstancielle d’hypothèse, complément circonstanciel
- B. Subordonnée interrogative totale, COD de « demande »
- C. Subordonnée relative, épithète de « résultat »
- D. Proposition indépendante juxtaposée
Pourquoi : La proposition transpose une question totale (« Le résultat est-il paru ? ») dans une interrogation indirecte. L’ensemble est COD du verbe « demande ».
Sources officielles
Passer de la fiche à l’entraînement
Le diagnostic gratuit situe les priorités en français et en mathématiques. Les séries prennent ensuite le relais dans les dix matières.
